UNE PUBLICATION DE JOHN DEERE
Personne portant une veste bleue debout dans un poulailler devant des rangées de poulets.

En 2019, Peter et Martine Rastorfer ont saisi la rare occasion d'obtenir un quota de reproducteurs. Une diversification qui leur a permis de s'appuyer sur la stabilité du système canadien de gestion de l'offre.

Agricole, Bétail/Volaille   1ᵉʳ janvier, 2026

 

Éleveur de reproducteurs

Produire des poussins de chair ouvre de nouvelles perspectives à un producteur ontarien.

Texte et photos de Lorne McClinton

Comment faire croître et diversifier une entreprise de grandes cultures et de travaux à forfait dans le Sud de l'Ontario, où la terre est rare et chère? Pour Peter et Martine Rastorfer, de Monkton, la réponse est venue en 2019, lorsqu'ils ont obtenu un quota d'œufs de reproducteurs de poulets de chair. Ils ont trouvé l'équilibre qu'ils cherchaient depuis longtemps : stabilité et diversification.

Contrairement aux producteurs d'œufs de consommation, les éleveurs de reproducteurs travaillent exclusivement en B2B. Les Rastorfer produisent des œufs fécondés de poulets Ross 708 destinés au couvoir Maple Leaf Foods de New Hamburg (Ont.), sur des cycles de 11 mois. Le couvoir fournit ensuite des poussins d'un jour aux élevages de poulets de chair de la province. C'est une niche : il n'existe qu'environ 78 exploitations de reproducteurs en Ontario.

Leur quota initial de 10 000 HEM leur permet d'expédier environ 2,1 millions d'œufs fécondés par cycle.

Chaque cycle débute avec 14 000 poulettes de 20 semaines, livrées par un éleveur contractuel. Dans le poulailler hautement automatisé, poules et coqs (environ 10 % du lot) circulent librement, tandis que la nourriture et l'eau sont distribuées à des taux contrôlés. Les premières pontes apparaissent à 24 semaines, mais les œufs atteignent la taille requise à 26 semaines. Un système automatisé les collecte ensuite.

Les œufs sont mirés, triés et emballés (5 000 par chariot), puis entreposés au frais. Maple Leaf les ramasse deux fois par semaine. Malgré l'automatisation, la surveillance humaine reste cruciale. Les poulets de chair sont sélectionnés pour croître très vite — ceux du commerce atteignent le marché en à peine deux mois — ce qui rend leur élevage en reproducteurs particulièrement exigeant.

« Chaque semaine, on pèse les oiseaux, on ajuste la ration, on joue sur l'éclairage », explique Peter Rastorfer. « Trop lourds, ils ne pondent pas. Trop légers, ils s'affaiblissent. Tout est question d'équilibre. »

Comme dans les autres filières avicoles, la gestion de l'offre régit le secteur, ajustant l'offre d'œufs à la demande. Le quota est rare et difficile à obtenir. Quand une occasion s'est présentée sans qu'ils aient à racheter une installation existante, les Rastorfer ont sauté dessus. Ils ont pu construire un poulailler ultramoderne, tout en gardant leurs grandes cultures et leurs reproducteurs sur la même ferme.

Au-dessus Malgré l'automatisation poussée dans le poulailler de reproducteurs des Rastorfer, l'œil humain demeure indispensable. Chaque semaine, les oiseaux sont pesés et leur ration ajustée en fonction des résultats.


Les imprévus de la vie. Leur plan initial prévoyait que Martine s'occupe des reproducteurs et Peter des grandes cultures. Mais en 2022, Martine a été frappée par un grave AVC. Depuis, Peter gère aussi les reproducteurs, aidé d'un employé.

L'entreprise poursuit sa croissance : un second poulailler jumeau sera prêt en février 2026. Leur quota passera à 17 500 HEM, permettant l'expédition de 4 millions d'œufs par cycle. Cette nouvelle installation leur permettra d'échelonner les lots, garantissant un approvisionnement continu d'œufs tout au long de l'année.

Peter ne prévoit pas d'autres agrandissements. La ferme dispose désormais de la capacité nécessaire pour intégrer la relève, si un de leurs enfants le souhaite. Leur fils aîné, actuellement étudiant en agriculture au Olds College en Alberta, nourrit peut-être cette perspective.

La consommation de poulet au Canada reste solide, même si sa croissance ralentit. Les incertitudes géopolitiques et les accords commerciaux ajoutent un degré de risque, mais les Rastorfer demeurent optimistes.

« Nous avons de l'eau, des étés convenables et la gestion de l'offre », dit Peter. « Ça me donne confiance. » ‡

Lire la suite

Gros plan d'une vache noire avec l'étiquette 118 sur son oreille, le dos couvert de petites mouches.

AGRICOLE, ÉDUCATION

Oust, les mooches!

Un contrôle efficace des parasites : un gain de poids assuré pour les bovins.

Groupe examinant des plants dans un jardin, l'une des personnes pointant du doigt des feuilles.

AGRICOLE, ÉDUCATION

Enseigner avec les tomatoes

Les jeunes 4-H apprennent à cultiver . . . et à partager.