UNE PUBLICATION DE JOHN DEERE
Gros plan d'une vache noire avec l'étiquette 118 sur son oreille, le dos couvert de petites mouches.

Aussi peu que 300 mouches des étables par animal suffisent à provoquer des pertes économiques dans les troupeaux vache-veau, selon plusieurs universités américaines. La bonne utilisation des boucles auriculaires et la rotation des modes d'action demeurent essentielles.

Agricole, Éducation   1ᵉʳ janvier, 2026

Oust, les mooches!

Un contrôle efficace des parasites : un gain de poids assuré pour les bovins.

Texte et photos de Bill Spiegel

Dans un pâturage du Kansas, la vache numéro 118 avance à pas pressés vers un éleveur sur son quatre-roues. Tous les quelques mètres, elle s'arrête pour se secouer et tenter d'éloigner les nuées de mouches qui l'assaillent au visage, au dos et sur les flancs.

Chaque année, les mouches coûtent aux producteurs américains de bœuf et de lait près de 5 milliards de dollars en pertes de production, maladies et traitements, selon le USDA.

« Les bovins ont besoin de sang, et chaque goutte prélevée doit être remplacée », explique Cassandra Olds, professeure adjointe en entomologie à la Kansas State University. « L'énergie utilisée pour refaire des globules rouges n'est plus disponible pour développer du muscle. »

Bien identifier l'ennemi. Trois espèces principales incommodent les bovins dans les Grandes Plaines : la mouche des étables, la mouche cornue et la mouche faciale, précise Olds. Chacune se reproduit différemment, affecte les animaux de façon particulière et exige une stratégie adaptée.

La mouche des étables apparaît dès le printemps. Elle pond dans la matière végétale en décomposition — balles de foin, herbe coupée, résidus de tondeuse. Une seule balle ronde peut générer jusqu'à 58 000 mouches par semaine.

Leurs piqûres douloureuses augmentent le stress, font grimper le cortisol et réduisent le temps d'alimentation. Dix mouches par patte avant peuvent faire perdre 17 kg au sevrage. Chez les bouvillons d'engraissement, réduire la pression parasitaire de quatre à une mouche par patte peut ajouter 270 g de gain quotidien.

Les mouches des étables ne se reproduisent pas en hiver, mais elles survivent dans le foin piétiné. D'où l'importance pour les éleveurs de gérer les résidus : varier les sites d'alimentation, ramasser les déchets pour les brûler ou les composter.

La mouche cornue vit fixée au dos d'un seul animal, tête baissée, tout au long de son cycle. La mouche faciale se nourrit de mucus et de sécrétions oculaires ou nasales, et se déplace de troupeau en troupeau, propageant la conjonctivite infectieuse. « Une fois la conjonctivite entrée dans le troupeau, les animaux se la transmettent entre eux », avertit Olds.

Au-dessus. Cassandra Olds, entomologiste à la Kansas State University, insiste : la clé d’un bon contrôle des mouches, c'est d'abord identifier les espèces présentes, puis d'adopter une stratégie ciblée pour chacune.


Comment gagner la bataille. Première étape : savoir quelles espèces attaquent. « La mouche des étables et la mouche cornue n'ont pas les mêmes sites de reproduction. Il faut les identifier pour cibler le bon endroit », insiste Olds.

Deuxième étape : éliminer leurs milieux de ponte. Matière végétale pour les mouches des étables, fumier pour les mouches cornues et faciales. « Si une mouche n'a nulle part où pondre 100 000 œufs, c'est autant de larves en moins deux semaines plus tard. Voilà la dynamique explosive qu'il faut contrer », explique-t-elle.

Les mouches n'ont qu'une mission : se reproduire. « On ne les éliminera jamais complètement, mais on peut leur compliquer la vie », dit-elle.

Stratégies de contrôle. Une rotation sur trois ans alternant pyréthroïdes, organophosphates et lactones macrocycliques maximise l'efficacité des produits. Concernant les boucles auriculaires insecticides, Olds rappelle quelques règles simples : les poser directement dans l'oreille, jamais sur une boucle déjà existante; équiper les deux oreilles, sinon seule la moitié du corps est protégée ; attendre juin ou juillet pour optimiser les 100 jours d'efficacité, en plein cœur de la saison des mouches ; et surtout, retirer les boucles après 100 jours pour limiter le développement de résistances.

Changer quelques pratiques clés peut avoir un véritable impact sur l'efficacité du troupeau.

« C'est peut-être moins pratique de boucler en juin qu'en mai, mais le gain de poids supplémentaire se traduit en profit », souligne-t-elle. « Au bout du compte, ce sont les dollars qui dictent les décisions. » ‡

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