UNE PUBLICATION DE JOHN DEERE
Aerial view of a university campus with academic buildings, a street, and a crop field surrounded by trees.

Le campus a poussé autour des parcelles. Ce qui faisait autrefois cinq acres n’en compte plus qu’un, aujourd’hui encerclé de haies peu pratiques. (Photo : Université de l’Illinois Urbana-Champaign)

Agricole, Éducation   1ᵉʳ mars, 2026

Aucune ombre permise

Des parcelles expérimentales amorcent un nouveau chapitre.

Histoire et photos par Katie Knapp

« Non monsieur, on ne joue pas, notre bibliothèque est sous le sol. Parce qu’on ne fait pas d’ombre au maïs. »

Ces paroles concluent le refrain de la chanson culte du groupe a cappella The Other Guys de l’Université de l’Illinois, inspi-rée d’un champ de maïs en plein cœur du campus.

Mais ce n’est pas un champ de maïs, ni une bi-bliothèque comme les autres.

La rumeur dit que la biblio-thèque a été enfouie dans les années 1960 pour ne pas faire d’ombre au champ. Les docu-ments parlent plutôt d’un choix esthétique, mais le résultat re-vient au même : le plus important acre de maïs de tout l’hémisphère ouest a ainsi été préservé.

Créées il y a 150 ans comme champ de recherche de cinq acres, les parcelles Morrow n’en comptent plus aujourd’hui que trois : une en maïs continu, une en rotation maïs–soja et une troisième alternant petites cé-réales, soja et maïs.

Seules les parcelles de Ro - thamsted Research, en Angleterre — où l’on étudie le blé d’hiver de- puis 1843 — surpassent les par-celles Morrow en longévité.

« Si je pouvais parler aux cher-cheurs qui ont lancé les parcelles Morrow en 1876, je commencerais par les remercier », dit le Dr Adam Davis, directeur du département des sciences des cultures. « Ils po-saient des questions à l’échelle des décennies, essentielles pour l’agri-culture en Illinois. »

« Une des grandes leçons des parcelles Morrow, c’est l’impor-tance de prendre soin du sol. Si vous l’épuisez, vous obtenez des épis comme celui-ci », dit-il en montrant un épi riquiqui. « Si vous nourrissez votre sol, vous obtenez de bons rendements et une agriculture durable. »

Ce principe était probablement clair dès le début. L’entrée du bâ-timent agricole original, inauguré en 1901, porte encore les mots du président Andrew Sloan Draper : « La richesse de l’Illinois est dans son sol, et sa force repose sur son développement intelligent. »

Pour Davis, les parcelles Mor-row sont un monument vivant : elles sont reconnues comme lieu historique national.

Mais avant de penser aux festi-vités, un problème plus terre-à-terre doit être réglé : les écureuils.

Avec l’expansion du campus, les buissons ont proliféré, donnant aux écureuils un accès libre aux parcelles, leur « buffet » préféré.

Pour souligner le 150 e anniver-saire et assurer un autre siècle et demi de recherche, la division Crop Science de Bayer finance une rénovation, dont le rempla-cement des haies par une clôture.

« Nous voulons que les par -celles soient visibles de partout et qu’elles brillent comme le joyau qu’elles sont », explique Davis.

Ci-dessus. Les parcelles Morrow, nommées après le premier doyen en agriculture de l’Université de l’Illinois, servent à étudier la fertilité des sols pour le maïs depuis 150 ans. Le campus a poussé autour des parcelles. Ce qui faisait autrefois cinq acres n’en compte plus qu’un, aujourd’hui encerclé de haies peu pratiques. (Photo : Université de l’Illinois Urbana-Champaign). En 1904, des chercheurs ont échantillonné les sols en avril et recueilli les rendements en octobre. Dès 1935, les bâtiments se rapprochaient déjà des parcelles. (Photos d’archives : Université de l’Illinois Urbana-Champaign) Le Dr Andrew Margenot montre les sections drainées individuellement des nouvelles parcelles Alma Mater au sud du campus.


Le prochai n chapitre. « À l’origine, une institution land-grant visait surtout la formation technique. Aujourd’hui, les agri-culteurs ont leurs agronomes et une industrie très dévelop-pée », explique Davis. « Notre va-leur unique, ce sont les horizons à long terme : analyser des ten-dances impossibles à étudier ail-leurs, dans un contexte environ-nemental, social et économique en évolution. »

Davis et son collègue, le spécia-liste des sols Dr Andrew Marge-not, responsable des parcelles Morrow, ont donc consulté des agriculteurs pour savoir ce qu’ils aimeraient comprendre, mais aussi léguer, pour les 150 pro-chaines années.

Les réponses se ressemblent : plus de visibilité, plus d’applicabi-lité, et davantage d’échelle. Chan-ger les haies pour une clôture, installer une caméra en direct et publier les données en ligne sont les premières étapes. Mais l’équipe va plus loin :

« Les nouvelles parcelles Alma Mater de 55 acres, au sud du cam-pus, sont comme un prolonge-ment des parcelles Morrow », ex-plique Margenot.

Grâce à 64 nouvelles parcelles drainées individuellement, les chercheurs pourront mieux ana-lyser les compromis entre rende-ment et performance.

Les rénovations et les nouvelles parcelles seront inaugurées le 28 octobre 2026, suivies d’un sym-posium. On ne sait pas encore si The Other Guys chanteront pour la cérémonie. ‡

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