Agricole, Spécialté/Niche/Créneau 1ᵉʳ mars, 2026
Sans alcool
De nouvelles tendances stimulent le marché.
Histoire et photos par Lorne McClinton
Partout en Amérique du Nord, les gens réduisent de façon marquée leur consommation d'alcool. Selon un sondage Gallup publié en août 2025, seulement 54 % des Américains déclarent consommer de l'alcool, et ceux qui en boivent en consomment moins qu'avant. Il s'agit du taux le plus bas enregistré en 86 ans. La baisse est particulièrement notable chez les jeunes de 18 à 34 ans et chez les femmes. Ce n'est pas un phénomène passager : c'est la troisième année consécutive de déclin. Les raisons derrière ce changement ne sont pas entièrement claires, mais plusieurs évoquent la santé.
La tendance se fait aussi sentir ailleurs : à Munich, en Allemagne, toutes les tentes de la célèbre Oktoberfest offrent de la bière sans alcool depuis 2024. Au Canada, les ventes d'alcool en volume ont reculé de 3,8 % pour l'exercice se terminant le 31 mars 2024, la plus forte baisse jamais observée. Les ventes de bière, de vin et de spiritueux ont toutes diminué. Un recul qui affecte les brasseries, vignobles, cidreries, distilleries, ainsi que les agriculteurs qui les approvisionnent.
Cependant, les ventes de bière, de vin et de mocktails sans alcool, elles, sont en pleine explosion. Les catégories sans alcool et faible en alcool connaissent une croissance fulgurante! IWSR prévoit que le marché américain du sans alcool affichera un taux de croissance annuel composé de 18 % entre 2024 et 2028. D'autres données montrent que les lancements de produits faibles en alcool ou sans alcool aux États-Unis ont augmenté de 11 % au cours des cinq dernières années, un rythme plus rapide que celui du marché global des boissons alcoolisées.
Pour Ones, la première et la plus grande entreprise de vins désalcoolisés au Canada, située à Summerland, en Colombie-Britannique, ce virage dans les goûts des consommateurs arrive à point nommé. Les cofondateurs Tyler Harlton, Taylor Gwynne et Chris Pagliocchini surfent sur cette vague, qui ne fait que commencer.
« Nous utilisons du vin haut de gamme, élaboré avec des raisins de l'Okanagan et de l'Ontario, puis nous retirons l'alcool par osmose inverse pour obtenir un vin désalcoolisé à 0,5 % », explique Harlton. « Beaucoup de vins sans alcool sur le marché ne proviennent pas de vin. Mais partir d'un vrai vin nous permet d'obtenir ces arômes caractéristiques qui ne viennent que de la fermentation. C'est un peu notre secret, ce qui nous distingue. Nous sommes aussi les seuls au Canada à offrir des vins sans alcool sans ajout de jus ou de sucre. »
Dès leurs débuts, leurs produits ont suscité un engouement surprenant. Quelques échantillons vendus au marché fermier local ont disparu en un instant. Leur première production s'est envolée. Ils ont doublé la production — puis l'ont doublée encore — et tout est parti chaque fois. Les trois partenaires ont alors compris qu'ils tenaient quelque chose d'important. Trois ans plus tard, l'entreprise vend déjà des volumes comparables à ceux d'un grand vignoble de l'Okanagan. Leurs blancs pétillants, rouges et rosés sont disponibles dans certaines épiceries, boutiques spécialisées et magasins d'alcool un peu partout au pays.
Au-dessus Tyler Harlton, Taylor Gwynne et Chris Pagliocchini (non illustré) n'auraient pu choisir un meilleur moment pour lancer Ones, la première et la plus grande entreprise de vin sans alcool au pays. Les vins non-alc de Ones ont trouvé preneur dès les premiers tests au marché fermier. Leur première production a disparu aussitôt, tout comme les deux suivantes, ett ils ont compris qu'ils tenaient une vraie entreprise.
Un défi plus complexe Harlton souligne qu'il existe de nombreuses bières et mocktails sans alcool ou avec peu d'alcool qui ont très bon goût, mais créer un vin sans alcool capable de satisfaire les amateurs de vin est un défi beaucoup plus délicat. Cela s'explique en partie par le procédé de fabrication, mais aussi par les attentes élevées amateurs de vins des. Si vous espérez un non-alc qui reproduit la richesse et le corps d'un Malbec argentin, vous risquez d'être déçu.
« Les vignerons ont tenté plusieurs approches », poursuit Harlton. « Certains ajoutent beaucoup de sucre pour améliorer la texture, parce que les gens aiment le sucre. Jetez un œil à l'étiquette : vous seriez surpris par la quantité ajoutée dans certains produits. Nous, on a choisi de créer des non-alc qui ont vraiment le goût de vin. »
« Les produits très sucrés n'ont pas leur place à table », renchérit Taylor Gwynne. « On ne pense pas à accorder un repas avec un verre de liqueur gazeuse. On veut un accord mets-vin — même si le vin est sans alcool. »
Leur recherche de marché montre que leurs clients appartiennent à une grande variété de groupes. Ils savent que le produit qu'ils dégustent ne sera pas un vin corsé à 14 %, mais ils veulent tout de même préserver le rituel qui accompagne un verre de vin.
Comme le rappelle Harlton, chacun a des goûts différents. Comme plusieurs options existent, aller dans un magasin qui offre des dégustations peut aider à trouver celui qui vous plaît.
« Nous n'avons commencé qu'il y a trois ans », conclut-il. « On apprend encore, on perfectionne notre procédé. Nos produits ne feront que s'améliorer. » ‡
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