LE SILLON

Une publication de John Deere
fleur de fleur de près

Ci-dessus. Les fleurs et l’espoir reviennent à une ferme qui produisait jadis 900 000 $ de fruits par année.

 
Agriculture, Spécialité/Niche/Créneau   LE 1er SEPTEMBRE 2021

Une jachère tragique

Invoquer la volonté de ranimer une plantation unique.

Bob Hays essaie toujours de sortir du deuil de la perte de l’oeuvre de sa vie. La ferme de mûriers qu’il avait lancée fortuitement disparut accidentellement en 2016 quand une dérive de pulvérisation décima des milliers de plantes.

Sa perte endeuille aussi les passionnés de la mûre. Comme sélectionneur amateur, il avait six variétés de mûres et deux de ses propres variétés de raisin muscadine sur les quelque 14 kilomètres de treillis traversant sa ferme près de Dumas, Mississippi.

Quand une pulvérisation dériva dans la vallée, maintenue par une brise et un renversement d’air, elle couvrit chaque plante. La documentation pour ses brevets de plantes ne fut jamais soumise.

« Il m’a fallu quatorze ans pour arriver à six variétés. J’en avais avec ou sans épines, à gros fruits, super douces, très juteuses et à fruit très fermes, dit-il. Seulement deux des six variétés ont survécu de peine et de misère. »

Ses délicieux raisins muscadine bronzés sans pépins n’ont pas eu la moindre chance. « J’ai travaillé sur eux pendant dix-huit ans et tous ont été décimés », dit-il.

Petit départ. Monsieur Hays ne pensait pas devenir producteur de mûres mais il adorait ce fruit. En 1999, sa mère lui offrit ses six premiers plants. Quand la production commença, une demande se créa vite et il en planta quelques autres, puis quelques autres encore.

« J’ai littéralement doublé le nombre de mes plants de mûres chaque année jusqu’en 2004. Je passais au moins 20 heures par semaine à les émonder, arroser, désherber, ficeler et cueillir les mûres », dit-il. Il réalisa qu’il était devenu producteur de mûres. Et ça lui plaisait. En 2007, il ferma la compagnie de construction qu’il avait créée à 18 ans, pour se consacrer à la production.

Il continuera à doubler chaque année. En 2012, il avait 14 km de treillis, avait 15 à 20 cueilleurs chaque jour et s’occupait des livraisons et de la vente aux marchés publics de ses mûres organiques certifiées.

« Je me suis établi lentement, approvisionnant 40 restaurants, 19 marchés publics, quatre boulangeries et quatre kiosques, dit-il. Il cultivait 27 variétés de mûres de divers types pour la production de jus, la congélation et la consommation fraîche. Ce marché de 20 ans disparut en 2012 quand la pulvérisation lui fit perdre sa certification organique. Et toute la ferme s’effondra quatre ans plus tard. Dans les deux cas, il allait prendre son essor. « En 2012, je travaillais avec un courtier pour commencer à expédier mes mûres en Israël, au Royaume-Uni, en Belgique, en Allemagne et en Norvège. En 2016, je m’apprêtais à envoyer des variétés au USDA avec un test préliminaire au brevet », dit-il.

Les redevances des mûriers sont de 1,40 $ par plant avec une moyenne de vente de 6-8 millions de plantes par brevet. Le muscadine se vend 40 $ et rapporte 18 $ en redevances. En dépit de cet énorme potentiel de perte, il ne reçut aucune compensation. Les avocats rejetèrent son cas, anticipant un règlement beaucoup trop lent. Oui, j’étais sévèrement déprimé », dit monsieur Hays.

Nouvelles racines. Il pensa à vendre ses treillis à la ferraille, mais décida de les laisser là et retourna travailler dans la construction pour la compagnie d’un ami. Mais les treillis ont survécu. À l’automne de 2020, il planta quelques mûriers, et quelques autres. « J’adore le goût », dit-il, révélant qu’il en avait déjà 250.

Il ne pense pas revenir où il en était, mais ouvre un nouveau sentier. Il a créé sur Facebook l’American Berry Growers et conseille avec d’autres experts plus de 4000 membres, incluant des idées provenant de sa propre recherche pour le contrôle antiparasitaire. Ainsi, alors que les colibris assuraient la lutte antiparasitaire, il constata que l’édulcorant érythritol décimait les mouches à fruits. Il est de retour au marché, avec des chandelles et des savons aromatisés à la mûre. Attention, Ivory et Yankee, M. Hays réussit bien avec les débuts accidentels. ‡

Bob Hays works to tie up a few new blackberry canes in field

Ci-dessus. Robert Hays attache des cannes de mûriers sur les treillis quasi vacants. Outre ses mûres, raisins et arbres fruitiers, ses essaims furent aussi durement touchés. Attache d’une variété sans épines. Une récolte abondante en 2010.

 

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