UNE PUBLICATION DE JOHN DEERE
Conteneurs remplis de spaghettis, de viande de sanglier, de frites et de tarte sur une table en bois.

Le couple a adopté une approche de la ferme à l'assiette en intégrant le sanglier aux pâtés, côtes levées, sauce à spaghetti, poutine et saucisses servis à son casse-croûte de plage.

Agricole, Bétail/Volaille   1ᵉʳ septembre 2026

Un plat digne d'Obélix

Un couple madelinot se crée un créneau avec le sanglier.

Histoire et photos par Lorne McClinton

Miser sur les marchés locaux n'est pas une option quand on élève des animaux sur une île au milieu du golfe du Saint-Laurent, c'est une nécessité. Et l'engouement pour les aliments locaux a permis à Jeannot Aucoin et Gilberte Arseneau, de Fatima, aux Îles-de-la-Madeleine, de développer un créneau unique avec le sanglier.

« L'idée de notre entreprise, Aucoin des Sangliers, m'est venue d'Astérix et Obélix », explique Jeannot Aucoin. « J'ai 65 ans, et ils [les bandes dessinées et les dessins animés] m'inspirent encore. J'ai toute la collection; le spécial de Noël est un classique. Pour moi, sanglier et Astérix et Obélix vont ensemble. Impossible de penser à Astérix et Obélix sans imaginer Obélix avec un sanglier sous chaque bras. »

Et cette association n'a rien d'étonnant. Le sanglier est omniprésent dans l'univers d'Astérix. C'est le plat principal de chaque banquet du village après une victoire sur les Romains. Selon le site d'admirateurs asterixthegaul.com, le sanglier n'est pas seulement le plat national des Gaulois; c'est aussi un symbole de liberté et d'identité culturelle. Et aucun Gaulois n'aime le sanglier autant qu'Obélix. Sa chanson, « Quand l'appétit va, tout va », reste en tête.« J'avais une porcherie dans les années 1980, mais je croyais que le sanglier serait mieux accepté dans la communauté », dit Aucoin. « Tout ce que j'en savais venait d'Astérix et Obélix. Je n'en avais jamais vu un vrai, mais je savais qu'il faisait partie des suidés, la famille du porc. Je devais donc pouvoir m'en sortir. »

Trouver des sangliers n'a pas été facile. Aucoin y est arrivé grâce à un contact au MAPAQ, le ministère de l'Agriculture, des Pêcheries et de l'Alimentation du Québec. Quatre truies gestantes sont arrivées par traversier au printemps. « Je m'attendais à des porcelets sevrés, pas à des truies adultes », dit-il. « Je n'étais pas équipé. Je les ai gardées dans mon garage, le temps de construire une nouvelle installation. »

Aucoin a attendu d'être plus à l'aise avec les animaux avant de les faire reproduire. C'était sage : il a vite compris que, même apparentés aux porcs domestiques, les sangliers se manipulent tout autrement. Leur tempérament diffère, tout comme leur régie. Ils ont besoin de plus d'espace et grandissent plus lentement que les porcs commerciaux. Il faut de 20 à 24 mois pour obtenir un animal donnant 45 kg de viande, soit quatre à cinq fois plus longtemps qu'un porc domestique. Leurs portées sont aussi beaucoup plus petites, généralement de six à huit marcassins. Et il ne faut jamais baisser la garde. Ce sont des animaux sauvages, plus protecteurs envers leurs petits.

Au-dessus. Les Madelinots Jeannot Aucoin et Gilberte Arseneau ont créé un créneau avec le sanglier en misant sur la demande d'aliments locaux.


« C'est vraiment différent de travailler avec eux; ce sont des animaux têtus, presque autant que moi », blague Aucoin. Avec le temps, il a pris confiance et, grâce au mentorat d'un éleveur de race pure des Cantons-de-l'Est, il a commencé la reproduction.

Aucoin a pris de l'expansion lentement, une étape à la fois. Son entreprise a vraiment pris son envol après que lui et d'autres éleveurs aient formé une coopérative pour ouvrir un abattoir dans l'archipel. Il compte maintenant 150 têtes.

De la ferme à l'assiette. Presque tous les francophones connaissent Astérix et Obélix, mais pas forcément le goût du sanglier. Jeannot et Gilberte ont travaillé fort pour y remédier. Aujourd'hui, Aucoin des Sangliers est une véritable entreprise de la ferme à l'assiette. Leur viande se vend aux locaux et aux visiteurs, à la boutique de la ferme ou à leur casse-croûte en bord de mer.

« Je l'ai goûté préparé de presque toutes les façons, mais pour vraiment apprécier le sanglier, il ne faut pas trop l'épicer », dit Aucoin. « Il ne faut pas masquer sa saveur. Mais ce sont nos pâtés à la viande, côtes levées, sauce à spaghetti, poutine au sanglier effiloché et saucisses de sanglier, servis au casse-croûte, qui ont fait notre succès. »  ‡

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